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Les éoliennes sèment le vent de la discorde

Les éoliennes sèment le vent de la discorde

Le projet de six éoliennes sur la commune d’ Epuisay, dont l’enquête publique se terminera mercredi 20 septembre au soir, commence à attiser les tensions. Les favorables comme les opposants à ce parc éolien donnent de la voix. Ces derniers s’organisent et plusieurs pétitions tournent dans les campagnes dans l’espoir de faire fléchir le préfet qui, lui seul, après les conclusions de l’enquête, donnera ou ne donnera pas son autorisation à JP Energie Environnement (JPEE) pour lancer le projet et l’exploiter.

 

Tout commence en 2012, lorsque que l’Etat et la région Centre élaborent conjointement le Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie du Centre (SRCAE). Ses objectifs : maîtriser la consommation énergétique, réduire les émissions de gaz à effets de serre et la pollution de l’air, s’adapter aux changements climatiques et valoriser le potentiel d’énergies renouvelables de la région. L’arrêté préfectoral sera signé en juin par le préfet de Région de l’époque, Michel Camux, et par le président du Conseil régional du Centre Val-de-Loire, François Bonneau. Ce document fait suite à la loi portant engagement national pour l’environnement, dite «Grenelle II», promulguée le 12 juillet 2010, à l’initiative du gouvernement Sarkozy. Elle fixe un cap à l’horizon 2020 pour chaque région dans la lutte contre le réchauffement climatique. En Centre Val-de-Loire, certaines zones ont ainsi été définies, dont la commune d’ Epuisay (zone n° 9) qui pourrait constituer une «terre d’accueil» pour un parc éolien. « Déjà en 2003, un projet privé avait été à l’étude sur Azé, Danzé et Epuisay, mais il n’aboutira pas », rappelle Michel Deniau, maire d’ Epuisay depuis trois mandats et farouche défenseur avec son conseil municipal du projet éolien pour sa commune depuis 2011.

 

 

L’impact paysager en question

Depuis le 16 août et jusqu’au 20 septembre, une enquête publique, menée par Yves Corbel, ingénieur divisionnaire des travaux des eaux et forêts en retraite et nommé par le tribunal administratif, est ouverte à la mairie d’ Epuisay. Elle porte sur la demande d’autorisation unique en vue d’exploiter ce parc éolien par la société JP Energie Environnement (JPEE). « Mon rôle est d’accueillir chaque personne et de répondre à ses questions, notamment en m’appuyant sur plusieurs dossiers qui représentent 2000 pages, dont une étude d’impact et l’avis de l’autorité environnementale, tous lus et annotés personnellement. Je consigne chaque remarque sur un registre. Plus le temps avance, plus je reçois du monde, des opposants bien sûr, mais également des gens favorables. Je reste évidemment impartial », relate Yves Corbel. D’après le commissaire-enquêteur, les observations défavorables sont énormément liées à l’impact paysager que représentent ces six éoliennes de 100 à 110 mètres de haut, qui devraient s’implanter au sud de la commune. « Des éoliennes dans la Beauce, ça semble normal, même si on les voit de loin. Dans le Perche, c’est plus délicat, même si le problème du paysage est le plus difficile à régler car très subjectif », souligne t-il. Quant à Pierrick Rouault, chef de projets chez JPEE et responsable du programme éolien d’Epuisay, il relève que le paysage est la vision, un sentiment que l’on a, d’un espace qu’il soit naturel, urbain ou industriel. « Un paysage n’existe que s’il est interprété par un observateur, il évolue avec les besoins et le développement de la société. Il est donc subjectif et sa lecture variable. Une construction ou un aménagement peut être décrié à l’époque de sa création et être classé ou devenir emblématique à une autre période. J’invite à venir consulter l’étude paysagère à la mairie d’Epuisay, également consultable à Savigny-sur-Braye, Fortan, Lunay, Azé, Danzé, Sargé-sur-Braye, Le Temple, Beauchêne et Mazangé. Elle apporte des éléments d’analyse du contexte actuel et de ses perspectives d’évolution », détaille Pierrick Rouault.

 

 

Tout un environnement à considérer

Plusieurs pétitions circulent actuellement à l’initiative de farouches opposants, tel que Philippe Tournon, de Savigny-sur-Braye, qui voit dans ce projet, en plus de l’impact paysager, une dépréciation immobilière, des impacts sur la santé relatif au bruit des palmes, du danger pour les animaux sauvages (les oiseaux et les chauves-souris, entre autres). Il affirme même que les éoliennes ne sont pas écologiques et polluent plus qu’elles ne produisent. D’autres, comme Jacques Gérard, de Fontaine-les-Coteaux, parlent de «projet honteux», et que «s’il se réalise, c’est le signe donné aux touristes et aux habitants de résidences secondaires que le Vendômois est prêt à industrialiser son territoire au mépris de ses monuments historiques, comme le château de Vendôme, de Lavardin ou la butte castrale de Trôo». Accusant même, dans un courrier adressé aux associations et partisans anti-éoliens que l’enquête publique était lancée «comme par hasard» au mois d’août, au moment des vacances… «Laisser un premier projet se réaliser en Vendômois, c’est avoir la garantie que dix autres arriveront», poursuit-il. Jacques Gérard, ancien maire de Fontaine-les-Coteaux, est depuis plus de dix ans un opposant à l’éolien, à travers notamment la création de l’association Horizons Vendômois. «Nous travaillons avec d’autres structures associatives afin de révéler les graves malhonnêtetés figurant dans la prétendue étude paysagère présentée à l’enquête publique», accuse t-il.
Interrogé sur ces différentes accusations, Pierrick Rouault répond que seul le tribunal administratif a pouvoir de fixer les dates de l’enquête publique, et que, par ailleurs, elles ont fait l’objet de plusieurs annonces dans la presse quotidienne. Quatre annonces légales sont ainsi parues, elles ont été affichées dans les mairies concernées. Quant à l’étude d’impact sur le paysage et le patrimoine, elle doit reposer sur une démarche méthodologique scientifique. «Elle présente les faits expliqués pour que chacun puisse estimer les impacts du projet étudié. Le paysage est un objet d’analyse subjectif étudié de façon sensible par un paysagiste qualifié et indépendant, utilisant des outils et des méthodes objectifs. Cette démarche et ces études ont été validées par les services administratifs compétents pour instruire ce type de dossier.» Verra t-on ou non un projet éolien dans le Vendômois ? La réponse à cette question sera tranchée fin septembre.

 

Pour en savoir plus

Yves Corbel, commissaire-enquêteur, se tiendra à la disposition du public
en mairie d’ Epuisay le samedi 9 septembre de 8h à 12h,
le mardi 12 septembre de 8h à 12h et le mercredi 20 septembre de 13h30 à 18h.

Dossier complet de l’étude d’impact et de l’avis de l’autorité environnementale

en consultation dans les mairies d’Epuisay, de Savigny-sur-Braye, de Fortan, de Lunay,
d’Azé, de Danzé, de Sargé-sur-Braye, du Temple, de Beauchêne et de Mazangé.
Pétition contre le projet à signer auprès de Philippe Tournon-La Rouillière Aubert
41360 Savigny sur Braye-02 54 72 13 52 / 06 37 70 66 06


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