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Rencontre avec Jacques Waynberg

Rencontre avec Jacques Waynberg
En cette Saint-Valentin Le Petit Vendômois a rencontré Jacques Waynberg, le grand spécialiste français de la sexologie. Docteur en médecine, sexologue, psychothérapeute et criminologue, il a été le cofondateur de la Société Française de Sexologie Clinique, a en charge, entre autres, le diplôme universitaire sexologie et santé publique à la faculté de médecine de l’université Paris VII. Vendômois depuis 2010, habitant Saint-Firmin-des-Prés, Jacques Waynberg navigue entre son cabinet parisien et celui de Vendôme, au sein de l’hôpital, toujours entre deux avions pour les nombreuses conférences qu’il donne à travers le monde. Interview d’un spécialiste des couples, au moment où nous allons fêter la fête des amoureux.

Le Petit Vendômois : En cette Saint-Valentin et avec votre expérience en tant que sexologue, comment définir la vie ou les vies amoureuses des couples, en ce jour si symbolique ?
Dr Jacques Waynberg : L’amour est un mot fort de notre langue française qui s’applique à deux manières bien distinctes d’être amoureux : le couple d’amants et le couple conjugalisé. Les amants qui se rencontrent pendant parfois des années mais qui n’habitent pas ensemble, régissent leur vie sur une organisation très particulière. Les exigences dans l’intimité sont importantes, c’est la situation qui peut être la plus heureuse et servira de maître étalon du couple à venir. Puis ces amoureux qui souhaitent pour des raisons louables cohabiter, bloquent leur destin d’amants parce qu’ils vont rentrer dans une conjugalité qui va leur faire perdre jusqu’à 50% de cette joie qui était partagée, centrée sur le désir et l’amour physique. A la 6e ou 7e année, on va alors aborder une période de très grande sensibilité de l’histoire du couple. Les petites différences qui étaient tolérables, amusantes, même enrichissantes au début d’une histoire, vont évidemment se développer, on peut alors observer une certaine distance. D’autres critères vont également entrer en jeu, comme la maternité. Il peut y avoir à ce moment-là des points sensibles de rupture possible. Les femmes vont alors avoir besoin d’être rassurées dans leur rôle de mère, plus maman que femme et encore moins maîtresse. Les naissances redistribuent les cartes au sein du couple, ceux qui réussissent sont ceux qui font la part des choses, un équilibre qui est parfois difficile à atteindre au début d’une histoire.

LPV : Mais alors, comment faire pour que l’amour dure ?
JW : Un peu comme une image, je dis que les couples sont mixes finalement car il y a deux personnalités,  faites  de contraintes dont il faut faire l’analyse et négocier. Des valeurs bien plus importantes que le sexe entrent en jeu, comme la famille, l’attention à l’autre, partager son développement personnel au sein du couple en terme de culture, de curiosité. De l’envie, de l’admiration, de la dynamique parce que cette histoire qui se construit doit être intéressante, il ne faut pas que ce soit ennuyeux.
De la pudeur aussi, des petites attentions, de la communication, chose essentielle ! Apprendre à se parler, à communiquer. Et puis se regarder dans les yeux. Toutes ces femmes qui m’ont dit que ce n’était pas tolérable, qu’elles ne se sentaient plus regardées par leur conjoint, c’est dur. Aujourd’hui, j’observe les couples qui passent leur temps sur leur téléphone sans se regarder. Il faut s’imposer lors d’un repas au restaurant, d’un week-end ou même de vacances, un temps sans ces objets de mort pour le couple. Etre attentif, se considérer avec douceur et avec intérêt, c’est se sentir regardé et au final, on va faire des efforts. Pas de secret,  il y a une logique et une stratégie amoureuse.

LPV : Cette stratégie justement, elle peut-être instinctive pour certains, mais pour d’autres ?
JW : L’instinct sensible est effectivement une bonne base mais il sera absorbé par les obligations quotidiennes qui sont le travail, la famille. Même avec la meilleure volonté du monde, la vie de couple exige un effort. C’est cher payé finalement de rester amoureux et heureux dans le couple. ça a un certain coût, c’est loin d’être gratuit. Ce n’est pas les soldes, il faut faire un effort. Peut-être sacrifier une partie de ses ambitions, un développement professionnel ou personnel, il faut savoir où est la priorité.
En consultation, je pose souvent la question aux couples : «Qu’est ce qui compte finalement ?» Dans la conversation, souvent le développement sensuel ne compte plus. Et c’est ça qui est un peu le risque dommageable dans l’histoire qui dure, ce sont les priorités qui changent. Le couple évolue tout au long de son histoire. On en revient à la communication qui est très importante pour que chacun comprenne ce que l’autre attend. Beaucoup de couples adultes s’appuient sur leurs souvenirs de jeunesse et ne comprennent pas que l’on redonne un nouveau jeu de cartes à peu près tous les dix ans. Il y a donc une créativité qui fait défaut. La frustration apparait alors qu’il faudrait parfois simplement rebâtir un autre contrat, se remettre en cause également. La Saint-Valentin, c’est l’occasion de réfléchir à tout cela, à ces valeurs fondamentales du maintien de la séduction.

Propos recueillis par Alexandre Fleury

Dr Jacques Waynberg – Sexologue, clinicien et thérapie de couple – Consultation externe à l’hôpital de Vendôme
Sur rendez-vous / 0 608 670 603 / waynberg@club.fr


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